Porter le chapeau, garder le cap!
- Caroline C.
- 1 juin 2018
- 3 min de lecture
Mon histoire débute il y a quelques mois alors que je rencontrais une collaboratrice dans un contexte professionnel (Ishhh que si elle lit ce texte, elle se reconnaîtra). C'était la 3e fois qu'on devait se rencontrer pour discuter de la promotion d'un projet bien précis pour lequel j'agis à titre de coordonnatrice. La démarche, bien que créative, était plutôt complexe et le mandat géant. Ça allait bon train. On avait beaucoup échangé au sujet des couleurs à donner à notre mission conjointe. Main dans la main, nous allions gaiement dans le pré du succès. Cette nouvelle relation professionnelle m'inspirait beaucoup. Il faisait beau sous l'arc-en-ciel fleuri de ses rayons multicolores au royaume des papillons lumineux (Vous comprenez que ça allait vraiment bien ou je dois continuer de mettre de la paillette tout au long de ma phrase pour que vous compreniez l'extase? Vous avez compris là.)
Lors de cette rencontre, Véronique (dont la réelle identité ne vous sera pas dévoilée), me propose une idée remarquable et impeccable alors je m'empresse de lui dire: "WOW! C'est parfait!". Son "WWWOOOOOOOOOWWWW" à elle qui succédait le mien m'a surpris. À ce moment précis, je devais avoir les sourcils en pointe de tarte, le nez en point d'interrogation et la bouche en trou de cul de poule puisqu'elle a tout de suite pris le temps d'ajouter: "J'avais peur que tu n'aimes pas. Tu es tellllllement exigeante."
C'était la première fois que quelqu'un me nommait cette facette de ma personnalité. Heille, je peux-tu te dire à quel point les jours qui ont suivi furent très introspectifs. C'était fou! En silence, je ne cessais de me demander si c'était un défaut ou une qualité, si ça s'appliquait seulement à mon cadre professionnel ou si j'étais profondément affectée par l'exigencite aiguë.
J'ai vite eu une révélation. Je suis vraiment exigeante dans toute ma personnalité et ça s'applique à tout et à tout le monde.
Nécessairement, je devais me rendre à l'évidence.
Combien de personnes j'ai pu "gosser" avec mon surplus d'exigence?
Combien de fois on a repris un travail à cause de moi. Ça sentait la culpabilité et les regrets mon affaire.
Je m'en voulais d'être cette conjointe, cette mère, cette amie, cette collègue. Tabarouette!
J'ai tenté pendant quelques semaines d'être plus flexible, mais j'étais déçue. Je ne me sentais pas honnête (pis moi l'honnêteté c'est vraiment important et non négociable) envers les autres et envers moi. J'avais l'impression d'afficher des tableaux incomplets ou de chanter une chanson dont je connais seulement la fin des vers.
J'ai donc enfilé mon costume d'inspecteur Gadget et j'ai commencé mon enquête sur l'impact de mon exigence envers tout. J'ai subtilement questionné mes enfants, mes collègues, mes collaborateurs, mon patron, mon homme et mon ex pis... j'ai décidé de porter fièrement le chapeau de la femme exigeante (ne pas confondre avec pointilleuse ou capricieuse).
Parce que, avec moi les gens ont toujours l'heure juste, ils se sentent challenger et que je demeure toujours polie lorsque je suis insatisfaite. Je ne suis pas obligatoirement perfectionniste, seulement exigeante. Une exigeante positive. Une femme qui sait ce qu'elle aime et ce qu'elle n'aime pas. Qui adore la collaboration et le travail bien fait. (Extrait de texte destiné aux 18 ans et +) : Je ne suis pas de celle qui feinte l'orgasme. Je ne fais pas semblant d'aimer ou d'apprécier quelque chose (sauf les dessins de ma fille de 3 ans).
Donc, si toi et moi on se côtoie et qu'on doit réaliser quelque chose ensemble, saches que je serai exigeante pis que c'est d'même, de que ça se passe, de que j'ai l'goût.